Louer un bien quelques jours ou quelques semaines à des voyageurs de passage peut être plus rentable qu’une location classique à l’année. Mais la location courte durée, aussi appelée location saisonnière ou location en meublé de tourisme, est soumise à de nombreuses règles.
Fiscalité, démarches administratives, réglementation locale, copropriété, assurances… Avant de publier une annonce sur une plateforme comme Airbnb, Abritel ou Booking, mieux vaut connaître ses obligations.
Voici l’essentiel à savoir pour se lancer dans la location courte durée en toute conformité.
Location courte durée vs longue durée : quelles différences ?
La location courte durée (aussi appelée location saisonnière), c’est louer son logement pour quelques jours ou semaines à des personnes de passage :
- vacanciers ;
- professionnels en déplacement ;
- touristes…
Il s’agit des locations que l’on peut trouver, par exemple, sur Airbnb, Abritel, Booking… La durée de ce type de location va de quelques nuits à quelques semaines au maximum et il s’agit bien souvent de louer un appartement ou une maison meublée et équipée. D’ailleurs, la loi est claire en matière de location saisonnière. Le propriétaire ne peut pas louer votre logement à un même client plus de 90 jours consécutifs par année civile.
À l’inverse, la location longue durée, c’est la location classique. Le propriétaire loue son bien à quelqu’un qui va y habiter toute l’année comme résidence principale. Il signe un bail de location encadré par la loi du 6 juillet 1989 qui peut être d’une durée de 3 ans pour un logement vide ou 1 an pour un logement meublé.
Les avantages et les inconvénients de la location courte durée
Les atouts
Faire de la location courte durée affiche certains avantages. En l’occurrence, la personne qui loue son bien est libre de fixer librement ses prix à la nuit ou à la semaine. Cela permet souvent de gagner plus que si le logement était loué à l’année. D’ailleurs, il est souvent plus simple d’ajuster les tarifs selon la saison (plus cher en été ou lors d’événements locaux). Autre avantage, il est possible de récupérer le logement à tout moment (hors période de location, bien sûr).
Les points faibles
En revanche, il existe aussi quelques inconvénients :
- Contrairement à une location nue, le propriétaire doit tout fournir : lit, matelas, vaisselle, micro-ondes, table, chaises, cafetière, etc.
- La gestion de ce type de location est très chronophage (ménage à faire, remise et récupération des clés, gestion du linge, etc.).
- Comme il y a beaucoup de passage, le logement peut s’user plus vite : murs abîmés, meubles rayés, électroménagers qui fatiguent. Cela peut engendrer plus de frais d’entretien sur la durée.
- Le risque de vacances locatives reste élevé. Il n’est pas garanti que votre logement soit loué toute l’année.
- Enfin, beaucoup de villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Nice…) réglementent fortement la location saisonnière pour protéger l’accès au logement des habitants.
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Location courte durée : quelles démarches effectuer ?
Déclarer son activité et obtenir un numéro SIRET
Le propriétaire qui commence une activité de location meublée doit effectuer une déclaration de début d’activité afin d’obtenir un numéro SIRET.
Cette démarche s’effectue en ligne via le guichet des formalités des entreprises et doit être réalisée au plus tard dans les quinze jours suivant le début de l’activité.
Le numéro SIRET permet notamment d’identifier l’activité auprès de l’administration fiscale.
Le fait d’obtenir un SIRET ne signifie toutefois pas automatiquement que le propriétaire est un professionnel de la location. Il peut exercer son activité sous le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) selon sa situation.
Se renseigner auprès de la mairie
Les règles applicables à la location touristique dépendent également de la commune où se trouve le logement.
Une déclaration ou un enregistrement auprès de la mairie peut être nécessaire. La réglementation évolue par ailleurs : depuis 2026, la procédure d’enregistrement préalable doit être généralisée à l’ensemble du territoire au plus tard le 20 mai 2026.
Certaines communes appliquent également des règles spécifiques concernant le changement d’usage d’un logement.
Il est donc indispensable de se renseigner auprès de la mairie avant de commencer son activité, notamment dans les grandes villes et les zones où la location touristique est fortement encadrée.
Payer éventuellement des cotisations sociales et la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Si ses recettes annuelles sont élevées (plusieurs seuils existent), le propriétaire pourrait être soumis aux cotisations sociales (et plus seulement à des prélèvements sociaux classiques sur ses revenus). Tout dépend du niveau des loyers et de la façon dont le propriétaire exploite son bien. En cas de doute, il faut contacter le service des impôts des entreprises (SIE) pour clarifier votre situation.
Il en est de même pour la CFE, cette taxe que paient les entreprises et qui pourrait aussi concerner les propriétaires qui font de la location courte durée, étant donné qu’ils sont inscrits avec un numéro SIRET. Payer la CFE n’est pas automatique. Là encore, c’est le SIE qui pourra confirmer si un propriétaire est concerné ou non.
Quelle fiscalité pour une location courte durée ?
Les revenus issus de la location meublée sont imposés dans la catégorie des Bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Le régime fiscal dépend notamment du type de logement et du montant des recettes réalisées.
Le régime micro-BIC
Pour les revenus perçus en 2026, le régime micro-BIC s’applique notamment :
- jusqu’à 15 000 € de recettes pour un meublé de tourisme non classé ;
- jusqu’à 83 600 € de recettes pour un meublé de tourisme classé.
L’abattement forfaitaire est de :
- 30 % pour un meublé de tourisme non classé ;
- 50 % pour un meublé de tourisme classé.
Ces nouvelles règles s’inscrivent dans la réforme de la fiscalité des locations
Le régime réel
Lorsque le régime réel s’applique ou lorsque le propriétaire choisit cette option, il peut notamment déduire les charges liées à son activité selon les règles fiscales applicables.
Cela peut notamment concerner certaines dépenses d’entretien, les intérêts d’emprunt, les assurances ou encore les amortissements.
Le régime réel peut donc être intéressant lorsque les charges liées au logement sont importantes. Il est toutefois plus complexe à gérer et peut nécessiter l’accompagnement d’un professionnel.
Cotisations sociales et CFE : faut-il les payer ?
La fiscalité d’une location courte durée ne se limite pas à l’impôt sur le revenu.
Selon le montant des recettes et la situation du propriétaire, des prélèvements sociaux ou des cotisations sociales peuvent être dus.
À partir de certains niveaux de recettes, le loueur peut notamment relever du régime des travailleurs indépendants. Les règles dépendent de la nature de l’activité et du montant des recettes réalisées.
La Cotisation foncière des entreprises (CFE) peut également concerner les loueurs en meublé. Elle n’est toutefois pas systématiquement due dans toutes les situations.
Il est donc préférable de vérifier sa situation directement auprès du Service des impôts des entreprises (SIE).
Location courte durée : une activité rentable, mais exigeante
La location courte durée peut constituer une solution intéressante pour optimiser les revenus d’un bien immobilier. Mais sa rentabilité ne doit pas être évaluée uniquement en fonction du prix de la nuit.
Il faut également prendre en compte les périodes de vacance, les frais de ménage, le linge, les commissions des plateformes, l’entretien, les assurances, la fiscalité et surtout le temps consacré à la gestion.
Pour un propriétaire ou un professionnel qui gère plusieurs logements, cette organisation peut rapidement devenir chronophage.
Automatiser les tâches, centraliser les informations et suivre les réservations depuis un même outil permet alors de gagner du temps et de limiter les erreurs.
Avec LOCKimmo, les professionnels de l’immobilier peuvent notamment centraliser la gestion de leurs biens et automatiser une partie de leurs tâches quotidiennes.
Location courte durée : tout ce que vous devez savoir
Peut-on louer en courte durée si le logement est en copropriété ?
Oui, mais attention ! Avant de louer, il faut vérifier le règlement de copropriété. S’il contient une clause d’habitation exclusivement bourgeoise, la location touristique peut être interdite.
Par ailleurs, même sans interdiction formelle, certains syndics peuvent limiter ou encadrer la location courte durée. Il est donc conseillé de demander une autorisation à l’assemblée générale pour éviter tout litige.
Quelles assurances sont indispensables pour louer en courte durée ?
Vous devez impérativement être bien couvert avec par exemple :
- Une assurance propriétaire non occupant (PNO) pour protéger le bien même lorsqu’il n’est pas loué.
- Une assurance responsabilité civile spécifique à la location touristique.
- Une assurance multirisque habitation adaptée, si vous utilisez le logement régulièrement.
Faut-il un numéro SIRET pour louer un meublé de tourisme ?
Oui, une déclaration de début d’activité doit être effectuée afin d’obtenir un numéro SIRET. Cette démarche se réalise en ligne via le guichet des formalités des entreprises.

